C'est un portait somme toute positif
que dresse le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, docteur
François Desbiens, à la suite de la publication aujourd'hui du Portait de
santé de la région de la Capitale-Nationale 2008. Ainsi, le rapport nous
apprend, entre autres, que les résidants de la région de la Capitale-Nationale
vivent plus vieux et en meilleure santé, que les maladies cardiovasculaires
sont en recul, que le nombre de fumeurs a diminué de façon importante et que
le taux de suicide, bien qu'il demeure élevé par rapport à la moyenne
québécoise, est en diminution.
«De façon globale, le bilan de santé de la population de la région de la
Capitale-Nationale est favorable. Au cours des dernières années, nous
enregistrons divers progrès et ce à plusieurs égards; que ce soit la
diminution de la mortalité infantile qui place la région parmi les meilleurs
au Canada et au Québec ou encore par la vaccination qui a permis d'éliminer
presque totalement plusieurs maladies, la région a marqué des points depuis le
dernier portrait de santé. Cependant, il demeure encore des zones
d'amélioration comme le surpoids qui gagne de plus en plus de terrain dans la
région et le cancer qui est maintenant devenu la première cause de décès» a
globalement commenté le docteur François Desbiens.
Une démographie en légère croissance
La région de la Capitale-Nationale comptait 669 316 habitants en 2006,
c'est-à-dire près de 70 000 personnes de plus qu'en 1986. Malgré ce gain, le
taux d'accroissement démographique de la région est inférieur à celui du
Québec et en deçà de celui de la majorité des grandes régions canadiennes. Son
indice de fécondité est le plus faible au Québec. Le territoire De la
Jacques-Cartier connaît le plus fort taux d'accroissement, à 7,2 % alors que
Charlevoix récolte un taux négatif de -0,9 %. Des signes de reprise sont
cependant observés mais pour l'instant, la population de la région vieillit
plus vite que celle du reste du Québec.
Les jeunes de 0 à 14 ans représentent, avec près de 14 % de la population
de la Capitale-Nationale, l'une des plus faibles proportions des grandes
régions canadiennes. De 1986 à 2006, ils sont passés de 113 000 à 94 000 dans
la région. Les secteurs Haute-Ville-Des-Rivières et
Basse-Ville-Limoilou-Vanier se démarquent par la plus faible proportion (10 %)
de jeunes de moins de 15 ans. Le secteur De la Jacques-Cartier est celui où
les jeunes sont les plus nombreux, alors qu'ils représentent 21 % de la
population.
Entre 1986 et 2001, partout au Québec, nous pouvions remarquer une
progression constante du nombre de familles monoparentales. Dans la région, la
proportion de familles avec enfants de moins de 18 ans, ayant un seul parent,
était de 22 % en 2001 par rapport à 17 % en 1986. La monoparentalité était
nettement plus présente dans le secteur Basse-Ville-Limoilou-Vanier, où elle
atteignait un sommet de 43 %, soit plus de 4 familles sur 10.
Les personnes âgées sont maintenant plus nombreuses que les jeunes dans
la région et plusieurs vivent seules. Les personnes de 65-74 ans vivant seules
sont passées de 26 % en 1991 à 28 % en 2001, et de 39 % en 1991 à 44 % en 2001
pour les 75 ans et plus. Cette réalité touche plus souvent les femmes que les
hommes surtout sur les territoires Basse-Ville-Limoilou-Vanier et
Haute-Ville-Des-Rivières, où plus de la moitié des aînés de plus de 75 ans
habitent seuls.
Une vie plus longue et en meilleure santé!
Par ailleurs, on vit plus longtemps dans la Capitale-Nationale que dans
l'ensemble du Québec, et cette longévité accrue s'accompagne aussi d'une plus
longue période en bonne santé. L'espérance de vie y est un peu plus élevée
qu'au Québec. Avec un gain de 3,8 années en 20 ans, les hommes pouvaient
espérer vivre 77,0 ans en 2000-2004. Quant aux femmes, elles sont passées de
80,1 ans à 82,6 ans (gain de 2,5 années).
Cependant, il y a des disparités régionales. En 2000-2004, le territoire
Basse-Ville-Limoilou-Vanier (76,6 ans) obtenait la plus faible valeur
d'espérance de vie, alors que les années de vie atteignaient leur maximum dans
celui de Sainte-Foy-Sillery-Laurentien (83,2 ans).
De bonnes habitudes de vie
Le bilan des habitudes de vie et des comportements des citoyens est
généralement bon. La population de la région est moins sédentaire durant ses
loisirs, les cyclistes portent davantage le casque et les gens fument moins.
Toutefois, quoique nous connaissions une baisse importante de la consommation
de tabac (réduction de moitié depuis 1987), une personne sur cinq fumait
encore la cigarette en 2005.
De plus, la consommation d'alcool est à surveiller puisqu'une personne
sur quatre en consomme en quantité élevée (5 verres ou plus en une même
occasion), au moins douze fois par année. A l'échelle locale, le taux de
consommation élevée d'alcool atteint un sommet dans les territoires de
Portneuf et Haute-Ville-Des-Rivières.
Le surplus de poids en augmentation
Ces vingt dernières années, la population adulte de la Capitale-Nationale
a vu son tour de taille s'agrandir. En 1987, trois adultes avaient un surplus
de poids alors qu'en 2005, c'était un peu plus de quatre adultes sur dix, soit
240 000 personnes. Ceux-ci s'exposent à des problèmes de santé chroniques
sévères, tels que les maladies cardiaques ou le diabète, et à réduire même
jusqu'à leur espérance de vie. La moitié des hommes de la région ont un
surplus de poids tandis qu'une femme sur trois fait face à ce problème. La
prise de poids est comparable à l'ensemble du Québec, mais elle se situe
néanmoins en deçà de la plupart des grandes régions canadiennes. Parmi les
adultes présentant un surplus de poids, le quart de ceux-ci sont considérés
comme obèses, ce qui représente un peu plus de 60 000 personnes dans la
région. A l'instar du Québec, la prévalence de l'obésité de la
Capitale-Nationale est semblable chez les deux sexes.
Le cancer, première cause de décès
Les décès par maladies cardiovasculaires ayant grandement diminué dans la
région, le cancer est maintenant la première cause de décès, causant un décès
sur trois (32 %), suivi par les maladies cardiovasculaires (29 %) et les
maladies de l'appareil respiratoire (9 %).
De tous les cancers, celui du poumon représente le tiers des décès. Il
est toutefois à la baisse chez les hommes, mais à la hausse chez les femmes,
bien que le taux soit encore deux fois plus élevé chez l'homme. Chez les
femmes, mentionnons qu'après celui du poumon, c'est le cancer du sein qui est
le plus mortel.
Le suicide est responsable d'environ 120 décès par année. L'évolution
récente du nombre de suicides dans la région laisse entrevoir une tendance à
la baisse fort encourageante, en particulier chez les adolescents et les
jeunes adultes. Malgré ces progrès, il n'en demeure pas moins que nous
obtenons le taux le plus élevé des grandes régions canadiennes. Mentionnons
que les territoires de Basse-Ville-Limoilou-Vanier, de Portneuf et de
Charlevoix ont des taux qui surpassent la moyenne régionale.
Nouveaux défis
«Même si notre portrait de santé est généralement positif, il faut aussi
reconnaître les nouveaux défis qui émergent. Par exemple, la population
vieillit et plusieurs aînés vivent seuls. Le nombre de cancer du poumon a
augmenté chez les femmes. Le surplus de poids touche un nombre croissant de
personnes. Les infections transmissibles sexuellement ou par sang sont en
hausse (infection à Chlamydia trachomatis génitale, syphilis infectieuse,
etc.) et le Clostridium difficile est de plus en plus présent dans nos centres
hospitaliers. Le suicide demeure un problème présent dans notre région, même
si son taux a diminué au cours des dernières années. Enfin, il existe encore
des disparités de santé dans la région; ainsi, naître ou vivre dans un milieu
défavorisé constitue toujours un désavantage. L'ensemble des données contenues
dans ce rapport nous servira à déterminer nos priorités et orienter nos
actions pour les prochaines années» a expliqué le docteur Desbiens.
Les documents portant sur le Portrait de santé peuvent être consultés sur
le site Web de la Direction de santé publique à l'adresse : www.dspq.qc.ca,
dans la section Documentation, rubrique Publications.
|