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BLOGUES 933 : Analyse moi ça
Nancy Doyon 22 mai 2008

Rejet et intimidation

Rejet et intimidation sont trop souvent le lot de nos enfanmts dans le milieu scolaire, notamment. Comment intervenir, en tant que parents, pour les aider 'a garder la tete

Josey Arsenault reçoit Nancy Doyon, coach familiale.

Pour vous joindre à la discussion

par téléphone : 670-9330

par courriel : laissez un message au bas de cette page.


Nancy Doyon

Nancy Doyon est éducatrice spécialisée depuis une quinzaine d’années auprès des enfants des adolescents et de leurs familles. Elle a travaillé dans divers milieux dont les Centres Jeunesses, plusieurs CLSC et des écoles. Formatrice et conférencière à L’École des parents sur la rive sud de Québec, elle est aussi chroniqueuse à l’émission Bonheur Total au Canal Vox.  Dans sa pratique privée, elle offre des rencontres à domicile de « coaching familial » afin d’aider les parents qui en ont besoin à mieux comprendre les comportements de leurs enfants et les aider à bâtir et appliquer un plan d’action concret susceptibles d’apporter des changements profitables pour toute la famille.

 

 

 

Coordonnées :

Nancy Doyon

Éducatrice spécialisée

Coach Familiale

(418) 564-8872

nancydoyon031@hotmail.com

 


L’intimidation et la violence chez les enfants

 par Nancy Doyon

Qu’est-ce que l’intimidation?

L’intimidation est l’une des formes de violence les plus insidieuse puisqu’elle est généralement plus subtile donc plus difficile à déceler par les adultes en autorité. Elle s’apparente à la violence psychologique et va des paroles blessantes aux menaces et au rejet. En ce sens, on doit départager l’intimidation des chicanes entre enfants; l’intimidation est généralement répétitive et ciblée vers des enfants plus vulnérables. L’intimidateur utilise plusieurs moyens afin de faire peur et d’établir son emprise sur un ou des enfants.

 

 

Que faire si mon enfant est victime d’intimidation ou de violence

par un ou plusieurs autres enfants?

 

1.            ÉCOUTER!

 

Bien des enfants attendent longtemps avant de dévoiler à leurs parents qu’ils sont victime d’intimidation ou de violence. La honte et la peur des réprimandes les incitent trop souvent à subir leur sort en silence. Avant toute chose, il est donc primordial d’écouter attentivement l’enfant sans donner de conseils, sans dramatiser ou banaliser ni émettre de jugement de valeur concernant l’enfant et son agresseur. Au delà des faits, aidez-le à exprimer ses émotions et ses pensées. On doit aussi prendre le temps de consoler l’enfant, lui permettre de pleurer un bon coup s’il en a besoin et prendre un peu de temps avant de penser aux solutions.

 

À ÉVITER :

³           «  Tu aurais du faire ceci ou cela! »

³            « La prochaine fois fait ceci, cela... »

³           « Il va falloir que tu apprennes à te défendre davantage! »

³           « Ben voyons, ce n’est pas si grave! Laisse les faire et ne t’occupe pas d’eux! »

³           « C’est inacceptable, le prof ne fait rien, je vais y aller moi et il va voir ce petit.... »

³           « Ça, c’est sûr ce sont des enfants qui n’ont pas de parents! Des voyous... »

³           « Mais non, ne pleure pas, pense à autre chose. »

³           « Laisse-le faire! Ignore-le! »

 

À FAIRE :

³     «  Ho! C’est vraiment dommage ce qui t’arrive, raconte-moi comment c’est arrivé. »

³     « Ouais, ça a du être vraiment difficile. Comment te sentais-tu? (...) Tu as du te sentir humilié. »

³     « Et maintenant, comment te sens-tu? (...) As-tu peur qu’ils recommencent? »

³     « C’est correct de pleurer, moi aussi j’aurais beaucoup de peine si ça m’arrivais. Prendrais-tu un bon chocolat chaud? »

 

2.            PRENDRE POSITION CONTRE LA VIOLENCE!

 

Plus tard, lorsqu’il c’est complètement vidé le coeur et se sent un peu mieux, il est temps de revenir sur la situation. À ce moment, il est très important de prendre position contre la violence et signifier clairement à l’enfant qu’il n’a pas à tolérer qu’on lui fasse du mal, même verbalement. Le rassurer en lui disant qu’on trouvera ensemble une solution pour que ça cesse.

 

 

3.      Analyser avec lui la situation.

 

Si la situation est isolée, évaluer la gravité des gestes posés. Dans les situations de violence verbale ou physique mineure, discuter avec lui de la situation. Regarder avec lui de quelle façon il s’est « défendu », comment il a exprimé son désaccord et comment il va régler la situation sans utiliser la violence à son tour. Allez chercher ses solutions avant de proposer les vôtres. Sans dramatiser, il est très important de ne pas banaliser la violence même verbale. Ne jamais encourager un enfant à tolérer une situation de violence.

 

Dans le cas taxage et de violence physique majeure il est important, de communiquer avec l’école ou avec les parents de l’agresseur. Les services de police devraient être avisés et une plainte portée.

 

Lorsque le rejet ou l’intimidation sont répétés, lorsque votre enfant «  se fait écoeurer » régulièrement par le ou les mêmes enfants, s’il est régulièrement bousculé, reçoit des menaces répétées ou s’il est souvent victime de coups, il est a«lors important de bien analyser la situation :

 

¨       Observer : (Contactez l’école et recueillez leurs observations) Est-ce que c’est un seul enfant qui l’agresse ou est-il le bouc émissaire d’un groupe de jeune? Le ou les agresseurs sont-ils des jeunes qui sont particulièrement difficiles? Intimident-ils d’autres enfants? Comment votre enfant se comporte-il en groupe? Comment réagit-il lorsqu’il est agressé? Est-ce qu’il agresse à son tour ou est-ce qu’il baisse la tête? Est-ce qu’il a des amis ou est-il rejeté par les pairs? Etc.

 

¨       Pourquoi? : À la lumière de vos observations, pourquoi, selon vous, est-il victime de violence? Voici quelques possibilités :

A.      Un conflit non réglé avec un autre enfant qui s’est envenimé,

B.     L’agresseur est un enfant qui présente des troubles de comportement et agresse régulièrement les autres,

C.     Un « gang » s’est formé et s’amuse à faire régner la terreur,

D.     Votre enfant a une faible estime de lui et « se laisse faire »,

E.     Votre enfant ne sait pas comment s’affirmer et le fait de façon malhabile et souvent disproportionnée à la situation.

F.      Votre enfant provoque le rejet par son attitude (il est bébé, pleurnichard, agressif, envahissant, bougonneux, etc.)

G.     Les autres enfants ne comprennent pas bien les différences de votre enfant et le rejettent en raison de son apparence, d’un handicap, de l’hyperactivité, etc.

 

¨       Avec les gens concernés et avec la participation de l’enfant, mettre en place un plan d’action en fonction des besoins spécifiques de l’enfant. Dans certains cas, une rencontre de plan d’intervention scolaire peut être pertinente.

 

 

4.      Lui apprendre à se défendre sans violence

 

On doit absolument, comme parent, résister à la tentation de défendre nous-même l’enfant ou de faire nous-même les démarches pour faire cesser l’intimidation. On doit redonner le pouvoir à la victime en l’impliquant dans les décisions et en l’aidant à s’affirmer lui-même sinon la situation risque de se répéter et il sera toujours démuni devant les attaques des autres. Rien n’est infaillible, mais une attitude ferme de la part de votre enfant peut l’aider à décourager un agresseur. Dans les cas d’agressions mineures, on peut conseiller à l’enfant de :

 

1. Se tenir droit devant l’agresseur (ni trop loin, ni trop proche) et de le regarder droit dans les yeux avec une attitude ferme mais non agressive. Si on suggère à l’enfant d’ignorer l’agresseur, lui dire par contre de faire comme suit :

 

1.      Lorsque l’autre nous insulte ou nous bouscule, cesser toute activité,

2.      Regarder l’autre dans les yeux quelques secondes avec un regard ferme sans dire un mot,

3.      Puis retourner à ses activités en faisant le choix de ne pas réagir.

 

À éviter : regarder ses pieds, rentrer la tête dans les épaules, faire semblent qu’on n’a pas entendu, avoir l’air d’avoir peur, le pointer du doigt, adopter une attitude de défi, une attitude pleurnicharde.

 

2. Si ça ne fonctionne pas ou si l’attaque est plus importante, prendre un ton très ferme pour dire à l’agresseur qu’on veut qu’il cesse sans pour autant utiliser de paroles menaçantes et impolies. Préparer avec l’enfant des phrases courtes qui ont de l’impact afin qu’il n’ai pas à réfléchir dans une situation difficile. « HÉ! Fiche-moi la paix! », « Va-t-en! », « C’est fort ton affaire! »

 

À éviter : Prendre un ton pleurnichard, « je vais le dire au professeur! » crier, dire des injures (ça met de l’huile sur le feu), faire de menaces, être sarcastique, etc.

 

3. Tourner le dos et aller rejoindre ses amis calmement.

 

À éviter : se sauver en courant, rester planté là et attendre sa réaction

 

4. Aller  le dire à un adulte si ça ne marche pas.

 

 

L’idéal, c’est de faire, avec lui, des mises en situation afin d’illustrer l’impact de diverses attitudes et afin qu’il s’exerce. Il sentira par ailleurs que vous prenez son problème au sérieux.

 

5.  L’AIDER À SE FAIRE DES AMIS

 

Il est connu que les intimidateurs ont davantage tendance à s’en prendre aux enfants timides et isolée. Pour l’aider à se faire des amis, il peut être intéressant de lui montrer les habiletés de prise de contact (comment aller vers les autres, proposer un jeu, etc.) et l’accompagner dans ses premières expériences. Encouragez-le à inviter des amis à la maison ou dans les activités familiales. S’il a quelques alliés à l’école, il se sentira moins vulnérables et sera plus enclin à s’affirmer et se défendre.

 

N’hésitez pas à consulter un professionnel ou

demandez de l’aide au C.L.S.C. au besoin.

 

 

 

 

 

 




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