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BLOGUES 933 : Analyse moi ça
Manon Gilbert 01 avril 2008

 Un grand stress vous a-t-il déjà empêché de fonctionner normalement ?

Par exemple, certains militaires souffrent de stress post-traumatique, les empêchant de fonctionner dans leur vie de tous les jours, de façon normale : avec les collègues, le ou la conjoint(e), la famille... De plus, lorsque ce stress intense les paralyse, ils hésitent à demander de l'aide...

Pour en discuter, Josey reçoit Manon Gilbert, adjudant-chef retraitée, aujourd'hui conférencière motivatrice.

Pour vous joindre à leur discussion...

par téléphone : 670-9330

par courriel : laissez un message au bas de cette page


 

Les perceptions et l’ego...des joueurs de tour subtils

Quelles sont les origines de nos perceptions ? Font-elles parties d’un monde imaginaire qui se situe entre les mythes et l’assimilation de nos valeurs familiales ou sont-elles une partie intégrante de nos expériences de vie ?

L'être humain possède tous les outils pour être en pleine possession de ses pensées. Il faut toujours se rappeler que ce que nous expérimentons dans notre vie est le reflet de notre système de croyances. Si nous acceptons notre cheminement de vie comme étant l’effet des influences extérieures, nous omettons de faire une prise de conscience et conséquemment de prendre la responsabilité de nos pensées et des émotions qui en découlent.

Il faut aussi reconnaître que l’ego joue un rôle déterminant dans nos prises de décision. Les émotions négatives qui nous habitent et dont l’origine provient des secrets familiaux, sont la base même de l’ego. Tant que le noyau familial n’est pas brisé, ces émotions qui forment l’ego restent marquées dans la mémoire de la cellule humaine familiale. Il faut donc briser les secrets de famille (tout ce que l’on ne dit pas à propos de ses émotions).

Cessons de vivre à un niveau de conscience qui ne demande que de l’espoir. Choisissons le ‘’Savoir’’ et soyons maître de notre destiné à travers une prise de conscience de nos pensées et de nos émotions.

Lorsque l’on vit des situations très exigeantes émotionnellement, il faut d’abord déterminer sur quel plan ces événements nous affectent-ils, c’est-à-dire sur le plan de la normalité ou sur le plan naturel.

Les situations qui nous affectent sur le plan de la normalité laissent bien peu de trace intérieurement lorsque nous nous retirons de celles-ci. Cependant, quand les événements nous affectent sur le plan naturel, si nous ne prenons pas conscience que la cause de nos émotions est liée à la pensée qui en découle, nous pouvons créer des souffrances profondes dont l’effet continuera d’agir même une fois hors de la situation. Dans une situation très exigeante émotionnellement qui nous affecte sur le plan naturel, la perception que nous avons de nous-même et la compréhension de l’effet de nos pensées sur notre être, déterminent le degré de souffrance. Quand nous identifions nos comportements à un état d’être intérieur, nous prenons conscience d’accepter les conséquences de nos actions et d’apporter les changements nécessaires à notre évolution.

Manon Gilbert

Conférencière motivatrice

Accueillons nos expériences de vie comme étant une partie intégrante de notre évolution

"Québécoise d’origine, je grandis au sein d’une famille modeste dans la région de Lanaudière. Je passe un temps incommensurable avec mon père. Il m’enseigne des valeurs qui sont aujourd’hui l’essence même de mon existence. D’ailleurs, un de ses dictons était : "Si tu ne l’essaies pas, tu ne le sauras jamais". Cette phrase a marqué mon existence car je me suis dirigée vers un métier non-traditionnel dans la force aérienne à la fin des années 70.

Technicienne en aviation, j’ai accédé très rapidement à différents niveaux de supervision. Mes aspirations pour aider les gens se sont fait sentir très tôt dans ma carrière. Disons que mon sens organisationnel, ma débrouillardise et ma compassion étaient bien développés. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de hasard dans la vie car ces gens ont été mis sur ma route pour m’aider à mieux me connaître.

Je crois que notre identité et notre évolution se façonnent à même nos expériences et que l’acceptation d’une vie platonique est le reflet d’un refus d’améliorer nos conditions de vie. Mon parcours a parfois été tumultueux et j’ai été poussée à expérimenter mes limites, mais aujourd’hui j’éprouve une très grande satisfaction de reconnaître que nous sommes les maîtres de notre destinée et nous "seuls" avons le pouvoir sur nos pensées et notre vie.

Après plus de 27 années de travail laborieux au sein des Forces canadiennes, j’ai cru important d’écouter les élans de mon cœur qui soit dit en passant, m’a demandé de faire une prise de conscience sur toute ma vie. Je me suis remise en question des centaines de fois, car mes pensées (mon mental) me disaient que je ne pouvais pas laisser mon travail après tous les efforts que j’avais mis pour atteindre les sommets d’une carrière exceptionnelle. Cependant, mon cœur ne cessait de me parler à travers toutes sortes de messages parfois concrets, parfois très subtils. L’insatisfaction que j’éprouvais dans mon milieu de travail souvent démontrée à travers des modifications de mes valeurs personnelles était l’un des signes révélateurs qui m’amènent aujourd’hui jusqu’à vous.

Toute ma vie a été bâtie sur l’intégrité, l’honnêteté et le courage. Que de souffrances quand nous devons modifier ceux-ci afin de répondre à un mandat professionnel. Mon patron m’avait même mentionné qu’il était renversé de voir que : "J’avais le courage de mes convictions". J’ai donc quitté les Forces canadiennes en 2005, très fière de ce que j’avais accompli.

Comme il n’y a pas de hasard, les événements se sont succédés et la vie a mis sur mon chemin un ange qui m’a fait comprendre que mon destin serait très révélateur si je savais écouter les messages que ma "petite voix intérieure" me communiquait à travers mes émotions. J’ai travaillé de nombreuses années à défendre mes valeurs et à faire comprendre à mon personnel que "nous pouvons mentir au monde toute notre vie, mais nous ne pouvons pas nous mentir". La vérité la plus grande ne se trouve pas dans nos paroles mais bien dans les sentiments qui nous habitent.

Avant même de quitter les Forces canadiennes, mon rêve le plus cher était de continuer à aider les hommes et les femmes à devenir leurs propres aspirations, peu importe le métier qu’ils choisissent ou les rêves qu’ils chérissent. J’ai donc décidé de les appuyer directement dans leurs démarches en verbalisant à travers des conférences ce qui me tient le plus à cœur, soit : "La liberté de l’âme" ou si vous préférez les "Élans de notre cœur". Je vous invite à lire mon "Résumé de carrière" écrit par le lieutenant-colonel Carl Doyon (Commandant du 3e Escadron de maintenance (Air) de juillet 2004 à juillet 2007) lors de mon départ des Forces canadiennes. Il décrit exactement ce que j’ai affronté dans ma carrière pour me faire une place dans un monde à caractère non traditionnel. Manon Gilbert
Conférencière
(450) 582-3581
Courriel : mgilbert12@hotmail.com
Site internet: www.mgilbertconferenciere.com

RÉSUMÉ DE CARRIÈRE

Manon Gilbert (adjudant-chef retraitée)

Native de St-Zénon Québec, Manon à plusieurs égards a été une pionnière pour toutes les femmes depuis l’expansion des possibilités d’emploi dans les Forces canadiennes. Tout au long de sa carrière militaire, elle a fait preuve d’un courage moral exceptionnel, d’un leadership hors pair et d’une détermination sans égale. Laissez moi vous expliquez :

     En octobre 1978, elle avait 22 ans. Elle rêvait de faire carrière dans les Forces canadiennes et elle avait de l’ambition. Elle a joint les Forces canadiennes comme technicienne en cellule d’avion, à une époque où le métier n’était ouvert aux femmes que depuis trois ans seulement, alors que le Ministère eux examiné les recommandations de la Commission royale d’enquête de 1970 sur la situation de la femme au Canada. Suite à sa formation initiale, elle a été mutée à Cold Lake en Alberta pour travailler sur l’avion de combat CF-5. Rapidement elle a fait ses preuves et démontré quotidiennement que les femmes sont aussi capables que les hommes du point de vue rendement au travail à une époque où les préjugés défavorables envers les femmes étaient grands. Elle faisait absolument tout ce qu’un technicien masculin pouvait accomplir. Elle s’entraînait physiquement, était membre de l’équipe des coureurs de la base, du club de Judo, de l’équipe de ballon-balai et de balle- molle. Son entourage appréciait son ouverture d’esprit remarquable et les valeurs de respect des autres qu’elle véhiculait. Extrêmement dévouée et possédant des habiletés mécanique hors pair, elle a été promue au grade de caporal avancé. Promue caporal-chef, elle est devenu chef d’équipe des techniciens en cellule d’avion sur quatre types d’aéronefs, dont le CF-5, le Tutor, le T-Bird, et le Twin-Otter. Elle a rapidement été confrontée par des techniciens très réticents à recevoir des ordres et des instructions d’une femme, mais elle a toujours trouvé les bonnes façons de faire pour relever ces défis, et son leadership axé sur les dimensions humaines lui vaudra un franc succès dans ses relations professionnelles.

     Promue au grade de sergent en 1988, elle est devenue la première femme superviseur senior dans son métier à être mutée aux hélicoptères tactiques à Edmonton en Alberta, dans un monde où l’armée de terre est omniprésente. Jamais une femme n’avait par le passé supervisé une équipe d’entretien et de dépannage des aéronefs. Elle a participé activement à de nombreux exercices tactiques à travers l’ouest canadien. Elle a été de nouveau submergé par des comportements sexistes et déficients. Elle a malheureusement été victime de harcèlement et elle a fait preuve d’un courage moral exceptionnel en portant plainte devant un tribunal civil. Un juge lui a donné raison et le contrevenant a été sévèrement blâmé. L’honorable juge avait conclu que le système militaire se doit de faciliter l’intégration des femmes dans le milieu. C’est grâce à des personnalités comme Manon que nous pouvons aujourd’hui jouir d’un système militaire juste et équitable pour tous. Malgré cette difficile épreuve, elle a continué à exceller à tous les niveaux et en 1990, elle a dirigé avec aisance une équipe d’entretien courant et de dépannage déployée dans une mission de maintien de la paix au Honduras en Amérique centrale.

     Par la suite, elle s’est engagé volontairement comme conseillère du programme de harcèlement des Forces canadiennes pour ensuite y devenir officier enquêteur.

     Cette initiative lui a permis de mettre à profit son expérience et sa formation dans le domaine. Elle a réussi à faire une différence et à faire modifier des comportements déficients afin de permettre un environnement de travail libre de tout harcèlement. À l’affût de nouveaux défis, en 1994 elle s’est porté volontaire pour une mutation à l’école des recrues de St-Jean-sur-le Richelieu et elle est devenue commandant de pelotons. Elle s’est investie à fond dans l’entraînement et le développement de jeunes recrues, des civils qui comprennent difficilement ce nouveau monde structuré. Elle a réussi à promouvoir le travail d’équipe et le respect, principes souvent mis à rude épreuve. Elle a inculqué aux recrues les valeurs fondamentales de loyauté, d’intégrité et de respect de l’être humain. Elle a dirigé plus de 13 pelotons de recrues dont deux cours de formations avec les Inuits à Calgary. Ses connaissances approfondies des Forces canadiennes, des valeurs de la culture Inuit lui ont permis d’aider des recrues Inuits à accomplir des tâches non traditionnelles. Elle a toujours fait preuve de détermination et de persévérance en motivant les recrues à accomplir la mission, en les valorisant et en les faisant sentir comme membre d’une équipe à part entière.

     Leader exceptionnel, elle a été nommée chef de syndicat sur la formation des sous-officiers supérieurs à l’école du leadership. Ses habiletés d’instructeur sont tellement grandes que la majorité des étudiants des 10 cours qu’elle a dirigé obtiennent des résultats académiques hors pair. Elle a été sélectionnée pour enseigner deux cours de sous-officiers supérieurs pour l’armée de la Jamaïque et de Trinité & Tobago. Le directeur de l’armée jamaïcaine ne voyait pas d’un bon oeil une femme enseignée à son personnel masculin. Il n’avait jamais vu cela. Elle ne s’est pas laissée intimidé et elle a fait preuve de courage moral en surmontant cette nouvelle épreuve. Elle a consacré de nombreuses heures supplémentaires pour développer les étudiants de son syndicat à un niveau de compréhension supérieur. Sa détermination porte fruit, puisque les étudiants de son syndicat prennent la première place lors des évaluations académiques. En plus d’un horaire chargé, elle a complété à la même époque un certificat universitaire en administration.

     Point culminant de sa carrière, le 01 décembre 2004, elle est devenue la première femme au Canada à être promue au grade d’adjudant-chef dans son métier. Et le 13 décembre 2004, elle est devenue la première femme à assumer un poste d’adjudant-chef d’un escadron en 81 ans d’histoire, soit depuis la création de la Force aérienne du Canada en 1924.

     Manon, au cours de tes 27 années de loyaux services, tu as apporté une dimension humaine à un monde structuré. Tu as réussi à surmonter toutes les épreuves et les préjugés à caractère sexiste. En devenant la première à atteindre tous les sommets, tu as démontré que tout était maintenant possible pour les femmes dans les forces canadiennes. Tes accomplissements se doivent d’être reconnus, et de ce fait, tu recevras en juin 2006 l’insigne de l’Ordre du mérite militaire pour un rendement exceptionnel dans l’exercice de tes fonctions tout au long de ta carrière. Ta persévérance servira très certainement à inspirer et motiver davantage les femmes vers les métiers des armes.

J.B.C. Doyon
Lieutenant-colonel
Commandant 3e Escadron de Maintenance (Air)





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