Épouse, divorcée, conjointe de fait, mère de 3 enfants et de 4 petits-enfants, ayant travaillé dans des milieux particuliers pendant 35 ans, l’amour de mon semblable fut au cœur de mes préoccupations. En fondant l’ANCQ avec d’autres nouvelles conjointes, je me retrouvai sur la ligne de feu dès le début, tant par mon implication auprès de mes membres, par le réconfort apporté grâce à notre ligne sans frais que par les invitations reçues par les médias (86 entrevues à la radio, 64 apparitions à la télé et 121 parutions dans les journaux).
Rapidement, j’ai compris que c’est dans nos relations intimes que subsistent nos plus grands malheurs. Un des éléments destructeurs du couple concerne les mots dits, dont les effets sont dévastateurs. L’impatience, l’intolérance, l’égocentrisme sont également des facteurs qui détériorent le quotidien.
J’ai vécu une relation à titre de conjointe de fait pendant 13 ans avec un homme divorcé. J’ai connu l’aliénation parentale, les situations incongrues d’enfants démolis par les attitudes dévastatrices de l’ex-épouse.
J’ai fondé à Québec l’ANCQ avec le support de nouvelles conjointes. Elles venaient me témoigner de l’ostracisme, du dépouillement, de la misère physique de leurs nouveaux amoureux, quand ils n’arrivaient même plus à se nourrir décemment devant la pension alimentaire faramineuse qu’ils devaient assumer. Un homme divorcé se bat contre la haine et l’ostracisme d’une ex-conjointe. Que lui reste-t-il de sa dignité, de sa carrière, de son contact avec ses enfants, de ses revenus?
Devant autant de souffrances et de misères de toutes sortes révélées et vérifiées par la suite auprès de nos membres, je me suis engagée à tenter de faire comprendre à nos législateurs, politiciens, et médias, pourquoi un divorce ou une rupture amenait inévitablement le père ou l’ex-époux au bord du gouffre : tentative de suicide, suicide, ruine financière, répudiation par ses parents et parfois aussi compromission fatale.
Qui plus est, nous rencontrons de plus en plus d’enfants majeurs qui sollicitent une pension alimentaire à leur père jusqu’à l’âge de 35 ans. Il importe de comprendre le poids juridique et social qui est imposé aux pères et aux nouvelles conjointes lors d’une nouvelle relation.
La question que je me pose toujours est celle-ci : comment en arrive-t-on à détester à ce point un homme qu’on a pourtant déjà aimé comme conjoint, comme amant et comme père, et aussi à détester l’homme lui-même? Les conséquences découlant d’une séparation ou d’un divorce sont trop souvent une question de gros sous, d’honoraires d’avocats, de « standing » à préserver ou même à rehausser, de désir que « ses » enfants vivent comme des rois.
À titre de co-auteure, j’ai participé à la rédaction d’un livre avec Pierre Grimbert qui sera publié sous le titre suivant : De l’amour à la haine, un chemin trop souvent emprunté. Je fais le souhait que, par la lecture de ce livre, beaucoup d’hommes et de femmes comprennent pourquoi ils échouent dans leur relation.
Voilà pourquoi je milite avec autant d’ardeur :
Saviez-vous que :
Ø Au Québec, lorsque l’on s’unit à un homme divorcé, nous sommes discriminées financièrement et socialement?
Ø Au Québec, vous perdez, mesdames, vos prestations fiscales, vos crédits de TVQ et de TPS lorsque vous vivez avec votre nouveau conjoint?
Ø Au Québec, des institutions financières pénalisent votre nouveau conjoint, payeur de pension alimentaire sans terme, en limitant son accès au crédit?
Ø Au Québec, 96% des ordonnances alimentaires, gérées par le ministère du Revenu, sont payées par des hommes?
Ø Au Québec, la Cour, dans bien des cas, prend en compte vos avoirs, votre propriété, votre crédit afin de venir rehausser la CAPACITÉ de payer de votre nouveau conjoint?
Ø Au Québec, après le partage du patrimoine familial, des régimes de pension, des REER, les ex-épouses sans enfants bénéficient de pension alimentaire à vie (sans terme)?
Ø Au Québec, les ex-épouses peuvent par contre se permettre impunément d’avoir un nouveau conjoint, sans que la Cour en tienne compte, et aussi de travailler au noir tout en recevant une pension alimentaire?
Ø Au Québec, les ex-épouses ou conjointes peuvent changer d'orientation sexuelle à vos frais!
Ø Au Québec, une cause pour divorce peut être reportée sur le rôle plus d’une fois et prolonger ainsi le règlement sur une période de 2 à 5 ans? Pendant ce temps, une pension alimentaire intérimaire est versée à l'ex.
Ø Au Québec, les honoraires d’avocats peuvent varier entre 5,000$ et 45,000$? Dans la plupart des cas, votre nouveau conjoint paie les honoraires du procureur de l’ex-épouse. Ou bien, elle se prévaut de l'Aide juridique!
Ø Au Québec, la Cour prive votre nouveau conjoint de la présence de ses enfants, car dans la plupart des cas, elle accorde la garde exclusive à la mère?
Ø Au Québec, il y a peu de ressources pour hommes en difficultés?
Ø Combien d'organismes pour hommes peuvent abriter les hommes lorsque mis à la porte du domicile conjugal?
Ø Au Québec, votre conjoint ne peut bénéficier de l’Aide juridique ni du dernier recours, s’il vit avec vous?
Ø Au Québec, même après votre mort, votre succession doit prévoir 12 mois de pension alimentaire à l’ex (Code civil du Québec, art. 684)?
Au Québec, concernant les prestations fiscales pour enfant, si vous messieurs refaites votre vie, le chèque sera émis par Ottawa à la femme qui habite avec vous, même si ce n’est pas elle qui est mère de vos enfants? (Alors, demandons un amendement de la loi, ainsi que de la pratique administrative en découlant, pour que le chèque soit versé au père, lors d’un jugement de divorce.)"